Histoire

Les nouvelles du Grognon…

Le site du Grognon (c) Jean-Marie Antoine

La mare aux canards du Grognon se transforme rapidement en parking, et maintenant que les petits bonshommes fluo ont déserté les lieux, l’heure est aux premiers bilans de la campagne de fouilles. L’heure des bilans dressés par les deux archéologues Dominique Bosquet et Raphaël Vanmechelen : 30 personnes, archéologues et autres, ont travaillé sur le site. Un budget de 4,2 millions d’euros, 3384 m² fouillés sur une profondeur de 3 à 6 mètres, 15 000 m3 excavés : du jamais vu à cette échelle en Wallonie, et une belle « première » pour la nouvelle Agence wallonne du Patrimoine (AWaP), qui résulte de la fusion du Département du Patrimoine du Service public de Wallonie (SPW) et de l’Institut du Patrimoine wallon (IPW), opérationnelle depuis le début de cette année.

Ce n’est pas la première fois que des fouilles sont menées sur ce site, à mesure des avatars qui ont mené du naufrage du paquebot de Botta au projet final du NID, entendez « Namur Intelligent et Durable ». De 1968 à 1973, des recherches très limitées avaient été menées par le Service des Fouilles de l’ULB : des ouvertures pratiquées sous l’ancienne rue Saint-Hilaire, le long de la rue du Pont et sous la place Pied-du-Château avaient révélé un niveau préhistorique, deux bâtiments gallo-romains (avec une cave), quelques latrines médiévales et plusieurs caves modernes. Alors qu’en 1990, les sous-sols de l’Hospice Saint-Gilles éclairaient l’évolution du Grand Hôpital namurois, établi sur le site depuis le XIIIe siècle, des recherches plus importantes étaient menées de 1991 à 1995 par la Région wallonne sous l’ancienne place Saint-Hilaire et sur la moitié de la superficie de l’actuelle esplanade.

Les dernières fouilles se sont déroulées en deux temps : une phase préalable de mars à août 2017, et les opérations archéologiques elles-mêmes, d’août 2017 à août 2018. Comme les travaux de transformation du site devaient aussi commencer, le chantier a été mené dans un dialogue permanent de l’AWaP avec la Ville et les entrepreneurs, lesquels ont parfois adapté leur planning en fonction des recherches.

alluMeuse présente les résultats de ces bilans en quatre pages…