Environnement

Li An Phoa réunit les élus au chevet de la Meuse

Li An Phoa était à Charleville-Mézières fin août pour rencontrer les maires et bourgmestres de la Meuse, invités par Boris Ravignon dans le cadre du Cabaret vert, comme chaque année. Soutenue par le maire de Charleville-Mézières, la fondatrice de Drinkable Rivers avait pour objectif de convaincre ces élus de s’associer pour améliorer la qualité de l’eau de la Meuse : « Valoriser la Meuse, pour mieux l’apprécier et l’aimer et donc avoir envie d’en prendre soin », est le leitmotiv de la jeune universitaire hollandaise qui a suivi la Meuse à pied en 2018 (lire alluMeuse n°14).

Si chacune de ces communes et municipalités a déjà ses propres projets et si des organismes travaillent déjà à cette coordination, comme la commission internationale de la Meuse, l’EPAMA (F) et les Contrats de rivière (B), l’idée, explique B. Ravignon, n’est pas de les doublonner, mais de constituer un groupe axé sur des actions concrètes vers le public, où l’on peut échanger les bonnes pratiques et améliorer le rapport au fleuve au quotidien. Agir et s’inspirer les uns les autres. Avancer avec ce qui est déjà en place, mais élargir la perspective avec, en ligne de mire, les « rivières à boire ». Avec une étape annoncée pour Charleville en 2020 : nager dans la Meuse. Des tests sont en cours avec l’ARS et Ardenne Métropole pour déterminer les lieux qui pourraient accueillir les baigneurs dans des conditions sanitaires sûres.

Li An Phoa : « Tout ce que nous faisons aujourd’hui est important, chacun porte une responsabilité. Les « rivières potables », il faudra peut-être quelques générations pour que cela devienne réalité. Mais quand je rencontre les enfants, ils sont réceptifs, ils sentent qu’ils peuvent avoir un rôle dans cette perspective. La question à se poser, c’est ‘Comment vit-on avec notre fleuve ? Beaucoup de villes lui tournent le dos. Comment remettre cette ‘life line’ au centre de notre vie ? Avec l’expérience de la vie avec le fleuve, on peut commencer à l’aimer et en prendre soin. La qualité de l’eau d’un fleuve montre comment on vit dans ses bassins versants. » C’est bien pour ça qu’en août, à Charleville, étaient aussi présents, notamment, des élus de la Semois/Semoy et des représentants de la commune de Val-de-Meuse, en Haute-Marne, proche de la source. Il reste encore du boulot pour amener à la conscience de tous que travailler à la qualité de l’eau d’un fleuve chacun de son côté n’a pas beaucoup de sens. Mais les initiateurs de ce réseau sont décidés à démarrer avec les convaincus. En octobre, aura lieu à Charleville-Mézières le lancement officiel de ce réseau des maires et bourgmestres de la Meuse. À suivre…