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Namur : le téléphérique relie ville et citadelle

CVdB, 12/05/21

C’est un bourgmestre heureux qui s’adressait à ses invités au matin de ce 8 mai gris et menaçant. Grand sourire pour tout le monde… Huit ans qu’on attend ça, à Namur ! Téléphérique, le retour. Si le bourgmestre, Maxime Prévot, reconnaît que le dossier n’a pas été toujours bien accueilli, il ne peut s’empêcher la comparaison avec la polémique qu’avait suscité en son temps la pyramide du Louvre. « 35 ans plus tard, qui imaginerait le Louvre sans sa pyramide ?  Le moderne a sublimé l’ancien. Ce sera pareil ici, avec cette station haute du téléphérique, qui côtoie le Stade des jeux sur l’esplanade de la Citadelle. De même pour la station basse, bien intégrée au bâti ancien de la ville. »

On ne peut que s’en réjouir : voici enfin noué un lien véritable entre la ville et la citadelle. Pouvoir profiter des atouts de l’une et de l’autre, passer de l’une à l’autre en quelques minutes. Voilà qui va dynamiser ces deux pôles et booster leur attractivité.

Destiné aux touristes et aux loisirs des Namurois dans un premier temps, le téléphérique deviendra outil de mobilité dès septembre, un élargissement des horaires est à l’étude. Nécessaire. Attendu.

 

« Ce téléphérique est un atout pour tout le tourisme wallon. Il rend Namur attractive et singulière. La Wallonie a besoin de ce type de projets, de perspectives. »
Valérie De Bue

Pourquoi au-dessus de la Sambre ?

Les voix continuent à s’élever à Namur contre le choix de l’itinéraire du téléphérique. Le bourgmestre y répond en expliquant les raisons : « L’impact paysager aurait été encore plus important sur le versant Meuse car il aurait fallu plus de pylônes et ils auraient été plus visibles. En outre, la station de départ aurait dû se trouver sur le Grognon, avec deux inconvénients : l’usage du téléphérique aurait été impacté par les manifestations devant le Parlement wallon et il aurait limité la mise à disposition de la future esplanade de la Confluence pour des événements. Enfin, il n’est plus envisageable aujourd’hui, comme le faisait l’ancien téléphérique, de passer au-dessus des jardins des habitations de la rue Notre-Dame. Question intimité. »

Si l’attrait paysager de la vallée de la Meuse est indéniable, il faut noter que le tracé qui traverse la Sambre offre une magnifique vue le cœur de la ville, ses toits, ses monuments, ses rues et ruelles. Un superbe poste d’observation.

La place Maurice Servais revitalisée

Autre avantage de cet itinéraire sambrien : l’installation de la station basse sur la place Maurice Servais. Condamnée jusqu’ici à servir de parking pour les rues piétonnes toutes proches, elle va elle aussi goûter aux joies du sans voiture. A la place du bâtiment de la crèche complètement dépassé et trop imposant pour l’endroit, la station basse du téléphérique s’intègre discrètement dans le bâti. Elle compte deux niveaux de moins et ouvre une perspective vers la citadelle.  Une grande attention a été portée à la quiétude des riverain, notamment en évitant toute machinerie bruyante dans ce bâtiment.  Un large espace HoReCa est prévu, doté d’une terrasse plein sud donnant sur la Sambre et les Namourettes. Appel est d’ailleurs toujours lancé aux candidats exploitants !

Jeux d’eau, kiosque, terrasses vont prochainement rendre vie à cette place qui retrouve peu à peu des couleurs et sera très bientôt the place to be des soirées namuroises.

Des entreprises expérimentées à la manoeuvre

La SA du Téléphérique de Namur est en charge de l’exploitation de l’appareil pour 30 ans. Elle est composée de POMA (47,5%, Labellemontagne (47,5%) et Franki (5%).

S’exprimant au nom de ce consortium d’entreprises à l’œuvre pour la construction puis pour l’exploitation de ce téléphérique, Christian Bouvier, président de SA Téléphérique de Namur partage cette « sensation du travail accompli. Un téléphérique à la pointe de la technologie. Où une attention constante a été portée sur le confort des passagers, mais aussi des riverains. Dans l’esprit de développer une mobilité durable. » Il souligne que ce chantier combinait toutes les caractéristiques possibles : franchissement de rivière, intégration paysagère, mobilité, modernité, développement durable.

Chez Franki, on souligne les nombreuses contraintes liées au statut de site historique classé de la citadelle. « Nous avons été obligés de nous réinventer. C’est notre première expérience de transport par câble en milieu urbain. Mais d’autres suivront… »

Pour Jean-Yves Remy, PDG de Labellemontagne, « exploiter ce téléphérique est une aventure économique et humaine. Ce téléphérique est à la fois un produit, un moyen de transport, un outil touristique et une expérience à vivre. Un point de liaison entre deux zones de la ville, aussi. C’est à l’équipe qui vient d’être constituée autour de Jean-Charles Dekeyser de le faire vivre dorénavant. Objectif : 120 000 visiteurs/an. Et nous comptons bien le faire en nous appuyant sur des partenariats locaux comme ceux que nous avons initiés avec la Houppe, la Brasserie François, Grafé Lecocq… »

4’ de bonheur…

Embarquement immédiat ! A l’arrivée du train de trois cabines dans la station, les portes s’ouvrent et la cadence se met au pas. Reste à entrer et s’installer, maximum six personnes. Fauteuil roulant, poussette ou vélo nécessiteront de relever la banquette. Et c’est parti ! De la station haute, on a le sentiment de plonger sur la ville. Survolant d’abord Terra Nova et les différents niveaux de la citadelle. Si le vent est un peu fort, on tangue un peu, mais rien de bien impressionnant. Ce qui laisse tout le loisir d’observer le paysage. Là, il faut faire un choix, on ne sait où donner de la tête : la vallée de la Sambre ? Le confluent avec la Meuse ? Les rues et monuments du centre ancien ? Remontant de la station basse, on est impressionné par la transition rapide entre la densité du paysage urbain et la présence prégnante de la verdure sur les coteaux de la citadelle. Instants suspendus…

Que ce soit pour découvrir la citadelle, pour rejoindre un événement ou pour laisser sa voiture hors de la circulation, le téléphérique va s’immiscer dans les habitudes des Namurois et des visiteurs…

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