Tourisme

La Trans-Semoysienne : à la confluence de la Meuse et de la Semoy, depuis Monthermé

En arrivant en France, la Semoy prend un Y. Elle se jette dans la Meuse à Monthermé. Une piste cyclable a été construite sur l’ancien tracé du petit train touristique, c’est la Trans-Semoysienne, reliée à la Voie verte à Monthermé.

C’est une balade à faire à pied ou à vélo. Ce dernier semble plus approprié, sauf pour les grands marcheurs, car l’aller-retour compte quand même plus de 30 km. Le plus simple, pour démarrer, est de se garer à proximité du magasin Carrefour. Car trouver le point de départ dans Monthermé n’est pas commode. Rien n’empêche bien entendu d’y faire une halte avant ou après la balade. L’idéal est en fait de rester deux jours : un pour la trans-Semoysienne et l’autre pour s’offrir une des balades qui grimpent autour de Monthermé vers des points de vue à couper le souffle . Et, pourquoi pas : s’offrir une ou deux nuits dans les cabanes perchées à Haulmé… (lire alluMeuse n°8).

Revenons à la Trans-Semoysienne. Cette piste cyclable, inaugurée il y a quelques années sur l’ancienne voie du P’tit Train de la Semoy, relie Monthermé à Hautes-Rivières. Elle est jalonnée de robustes panneaux explicatifs : histoire, nature, patrimoine sont racontés, photos à l’appui. C’est un itinéraire paisible et ressourçant, qui se rapproche et s’écarte de la Semoy, au cœur de la nature.

On démarre donc sur la ‘Grande Isle’, au milieu de l’estuaire de la confluence de la Semoy et de la Meuse. On a déjà envie de se poser tant l’espace pique-nique, équipé aussi d’appareils de fitness incite à la détente. L’endroit idéal pour prendre des forces avant d’entamer la balade. Face à nous, l’église abbatiale de Laval Dieu, dernier bâtiment debout de l’ancienne abbaye Saint Rémi de Laval Dieu, fondée en 1128 par le comte de Rethel et où s’installa une communauté de chanoines prémontrés sur le site de ce lieu-dit nommé ‘A la bouche de Semoy’. Dans l’église, on peut encore voir des boiseries du XVIIIe siècle et l’orgue sur lequel s’exerça Etienne-Nicolas Méhul. A côté, les ruines de la Maison abbatiale sont classées Monument historique depuis 1963.

A cet endroit de la Semoy, on voit aussi le déversoir. Autrefois appelé ‘sautoir’, il existait déjà en 1410 et permettait de garder un niveau d’eau élevé et constant dans ce bras de la rivière utilisé pour le moulin à farine et à écorces situé sur la rive droite, ainsi que pour permettre le passage du bois de flottage.

Le premier village est Tournavaux. Pour bien appréhender ce village qui offre pas mal de services, notamment pour se restaurer, il faut prendre un peu de hauteur, on le découvre lové dans les versants de la vallée qui s’élargit. On a beau chercher le clocher, sans succès, c’est la seule commune du territoire à ne pas disposer d’édifice religieux.

Par contre, à Thilay, 5 km plus loin, l’église Saint-Rémi trône au cœur de village et s’aligne dans l’axe du pont, offrant un beau cliché digne d’une carte postale.

A Nohan, on découvre la légende du Château de Linchamps. Cette forteresse médiévale a été érigée en 1541 par Jean de Louvain qui fit alliance avec François Ier, roi de France, dans la guerre que celui-ci menait contre Charles Quint. C’est le roi Henri II qui la fit détruire en 1673. Il ne reste donc que des ruines, dont une pierre qui évoque par sa forme naturelle un siège où le fantôme de la dernière châtelaine viendrait la nuit pour filer de la laine à l’aide d’un rouet tournant sans bruit. Du haut de son château, elle enverrait de temps en temps des pierres vers la Semoy afin de dissuader les curieux qui voudraient s’y aventurer.

Ne craquez pas avant la fin du parcours car le bourg des Hautes-Rivières vaut le détour. Tout en longueur, il témoigne encore d’un passé industriel et métallurgique, toujours en activité. Dès le XVIe siècle, on atteste une forge et un fourneau à Linchamps, l’un des villages de l’entité, point de départ de randonnées, notamment dans le Ravin de l’ours et le Bois des Haies, massif accidenté à plus de 500 m d’altitude. Dernière commune française avant la Belgique, Les Hautes Rivières affirme son architecture ardennaise à travers ses différents villages.

CVdB

Pour en savoir plus :

Office de Tourisme Communautaire des Boucles de Meuse et Semoy

+33 3 24 54 46 73