Tourisme

alluMeuse n°1 – 3 ans déjà – Namur-Charleville à vélo

(c) Philippe Mangen

Voyage aller, il y a 3 ans… Ce numéro est épuisé, nous vous en donnons un aperçu ici…

Mais le voyage retour, vous le trouvez dans alluMeuse 19, été 2020

Du Grognon au pied du Mont Olympe, en suivant les méandres de la Meuse…

Ce qui caractérise le territoire couvert par cette revue transfrontalière, c’est le fil de la Meuse. Nous vous proposons donc de l’aborder sur ses rives, à vélo, pour en découvrir toute la richesse.

Au gré de la balade, découvrez des points d’intérêt du bord du fleuve et d’autres qui méritent de le  quitter, au risque de se payer une petite grimpette !

Des villes et des villages ou la campagne à perte de vue et la verdure à profusion, de ses aspects les plus urbains aux plus sauvages, voyage sur les voies lentes, pour prendre le temps de savourer ces lieux qui ont fait les grands jours de la villégiature et de l’Histoire mosane et qui attirent toujours les touristes…

#1 Namur-Dinant : 28 km de patrimoine        

On quitte Namur et son Grognon, berceau de la ville, et le confluent avec la Sambre, pour prendre la direction de Dinant. C’est précisément ici qu’a pris place la passerelle cyclo-piétonne baptisée ‘L’Enjambée’ reliant Namur à Jambes. Les travaux d’aménagement de ce lieu emblématique empêchent d’accéder à la pointe  du confluent. On prendra donc le départ à côté des péniches-hôtels et péniches-restaurants amarrées à deux pas. On est en contrebas du Parlement wallon, installé dans l’ancien Hospice Saint-Gilles, hôpital attesté dès le 13e siècle.

Sur l’autre rive, on admire l’Elysette, siège du Gouvernement wallon. Un peu plus loin, on aperçoit la Capitainerie. Ce petit coin de vacances à la ville  permet de s’adonner aux plaisirs nautiques.

On apprécie la richesse architecturale des bâtisses qui jalonnent ce tronçon ainsi que l’articulation verdure/rochers. Avec Dinant, c’est probablement à Wépion et Profondeville où vous trouverez le plus de terrasses profitant de la Meuse. Et de ses paysages. C’est aussi ici que l’on progresse en parallèle avec les sportifs qui pratiquent le jet-ski, le ski nautique, l’aviron…

La Citadelle de Namur 

Elle surplombe la ville, la Sambre et la Meuse, veillant sur elles depuis des siècles. Elle a entamé un beau lifting il y a quelques années : ses murailles sont peu à peu rénovées, Terra Nova, la caserne, abrite le centre du visiteur qui présente deux mille ans d’histoire européenne à travers celle du site. Les abords ont été également été rénovés ainsi que les grands souterrains qui présentent leur nouvelle scénographie . Des visites guidées et animations diverses animent le site en permanence et, l’été, y prennent vie des spectacles en plein air.

 

L’Ile d’Yvoir

Pour accéder à cet écrin vert de 2,5 hectares, il faut empruntez le passeur d’eau automatisé.

C’est la seule île de Belgique à être exploitée à des fins touristiques.

La partie sauvage arborée invite à flâner au milieu des oiseaux, l’espace détente et la terrasse de l’île offrent l’accès à une palette de loisirs plus… spitants : pataugeoire, plaine de jeux, location de kayaks ou de pédalos, ski nautique…

 

Le château féodal de Poilvache 

Situé sur un éperon calcaire dominant la Meuse et le village de Houx, Poilvache est le plus vaste ensemble fortifié du Moyen-Âge conservé de la vallée de la Meuse. Les murailles du 13e au 15esiècle, flanquées de tours, protégeaient la ‘ville’ et le ‘château’.  On peut y voir le pan de mur d’une grande maison médiévale, un puits, des caves-citernes conservées en volume, neuf tours différentes et bien d’autres vestiges préservés au sein de ce remarquable domaine naturel. Le site offre un impressionnant panorama de la Meuse.

Pour mieux connaître les places fortes de la vallée de la Meuse et le rôle de la Meuse dans l’histoire, un détour par la Maison du Patrimoine Médiéval Mosan s’impose. Un musée très bien conçu, installé dans la Maison espagnole sur la place de Bouvignes, à l’entrée de Dinant.

Dinant, la carte postale     

On ne se lasse pas de l’image rassemblant la collégiale, la citadelle et le pont pourvu de ses saxophones. Et la croisette. Répondant à la citadelle de Namur, celle de Dinant domine également la ville de sa haute stature. Elle impressionne aussi par le nombre important de visiteurs qu’elle attire chaque année.

#2 A cheval sur la frontière

Le Château de Freÿr

Majestueux au bord du fleuve, face aux rochers qui attirent des alpinistes de bien loin, le château de Freÿr fascine aussi par ses jardins.

Il s’agit de l’ancienne résidence d’été des Ducs de Beaufort-Spontin, de style Renaissance. Si la façade est déjà très engageante, l’intérieur recèle de belles surprises : son intérieur classique, meublé et décoré par les 20 générations qui ont habité ces lieux vous invite à rencontrer l’Histoire : hôtes royaux, traité du café, etc.

Les jardins en terrasses, dans le style de Le Nôtre, se partagent entre splendeur et intimité. Les jets d’eau, l’alignement des orangers tricentenaires et 6 km de petits labyrinthes en charmilles contribuent aussi à l’enchantement du lieu.

L’église abbatiale d’Hastière                                    

Sur la rive droite, se dresse l’imposante abbatiale romane d’Hastière (église Saint-Pierre, classée depuis 1942).  Dans la brochure “Wallonie. 13e Journées du Patrimoine. 8 et 9 septembre 2001. Itinéraires au fil des idées”, p. 215. La notice annonçant la visite organisée par l’ASBL Les Amis d’Agimont en dit ceci : « Cet important édifice roman, construit en moellons de calcaire et de grès vers 1033-1035, est le vestige d’un prieuré bénédictin. » Elle a subit au fil des siècles de nombreuses transformation, mais on peut toujours y voir aujourd’hui des stalles gothiques remarquables (1433), un bénitier en pierre bleue du 13e siècle, des fonts baptismaux en pierre bleue (14e-15e siècles), des fragments de colonnettes et de chapiteaux gothiques de l’ancien cloître (13e siècle) et une belle statuaire. On note aussi l’étonnante richesse de la crypte romane sous l’avant-chœur.

A Givet, les forts de Charlemont et Condé

Le fort de Charlemont doit son nom à Charles Quint, qui est à l’initiative de sa construction en 1555. Remaniée par Vauban en 1696, cette forteresse domine Givet de sa haute stature (voir aussi page 31).

Caché derrière cet imposant Fort de Charlemont, parfois visible le long de la route de Philippeville, le fort Condé, inscrit à l’Inventaire supplémentaire des Monuments Historiques de France, fait partie intégrante du patrimoine historique de la Ville de Givet. Des visites guidées permettent de découvrir les vestiges et l’histoire de ce Fort.

Le Château de Hierges                    

(c) JMA

C’est notre coup de cœur : ce château -dont les vestiges visibles aujourd’hui datent du 16e siècle- se dresse fièrement sur un promontoire au pied duquel vit le village.  Il ne se voit pas depuis la voie verte, et se trouve sur l’autre rive (pour l’atteindre, il faut passer le pont qui relie Vireux-Wallerand à Vireux-Molhain et revenir vers Givet), mais il vaut franchement le détour.

 

 

Chooz, charmant village fleuri

Connu pour sa centrale nucléaire, le village de Chooz est un petit écrin paisible et fleuri… d’où l’on n’aperçoit pas la centrale. Avec son centre tout en pavé, il incite à la lenteur. La voie verte y passe pour couper une importante boucle de la Meuse.

Vireux- Molhain : Camp romain  

Vue panoramique depuis le camp romain

                       

Voilà un endroit qui incite à la promenade : un parcours d’environ 2 km emmène le visiteur par des sentiers forestiers à la découverte des vestiges d’un camp romain construit dès le IIIe  siècle après J.-C. D’importantes fouilles archéologiques ont mis au jour du mobilier d’une grande richesse : armes, bijoux, verreries, vaisselle de métal et monnaies d’or et d’argent. Au fil de la balade, des panneaux expliquent les vestiges rencontrés et leur importance pour notre compréhension des conditions de vie et du système défensif romains : tours d’angle, bâtiments rectangulaires, four à pain, foyer circulaire.

Et en prime, des points de vue sur la vallée à couper le souffle…

Fumay, cité de l’ardoise                                       

Encore une ville qui se love dans les méandres de la Meuse. Et s’accroche à la colline. Fumay est une ville tout en hauteur. Son cœur de ville vient d’être réaménagé et lui confère un côté plus convivial. Sa halte nautique contribue également au charme de la cité. Mais une fois que l’on s’enfonce dans ses ruelles, on appréhende toute la richesse de son passé. Marquée par la présence de nombreuses ardoisières, son architecture se caractérise par des maisons typiques du XVIIIe siècle. Tout un pan de l’histoire à redécouvrir…

#3 Fumay – Charleville

La Maison espagnole à Revin        

Entrelacée dans une double boucle de la Meuse, la ville de Revin révèle ses richesses à ceux qui prennent le temps de flâner dans ses ruelles (appelées aussi ‘voyettes’). Certaines d’entre elles mènent au Quai des Bateliers et aux maisons à pans de bois. La  Maison espagnole en est un magnifique exemple. D’avril à octobre, le musée du vieux Revin, qui y est installé accueille les visiteurs pour une exposition. Au premier, la gastronomie ardennaise est mise en avant alors que le dernier étage accueille l’exposition sur les métiers de la fonderie. Cette année, la principale nouveauté se situe au rez-de-chaussée, qui devient relais d’information pour les touristes.

 

Rochers des Dames de Meuse à Laifour     

 Elles ont inspiré George Sand, Théophile Gauthier et Michelet. Dans les années ’20 à ’50, le Général de Gaule aimait s’y promener pour s’y ressourcer… Les Dames de Meuse, raconte-t-on, étaient les épouses des trois fils du Seigneur de Hierges : Hodierne, Berthes et Ige. Infidèles pendant que leurs maris combattaient aux côtés de Godefroid de Bouillon, en Terre sainte, elles auraient été punies par Dieu et transformées en trois gros rochers le jour où Jérusalem fut pris d’assaut. Les trois gros rochers noirâtres qui surplombent le fleuve évoquent ces trois dames infidèles…

Une belle balade à faire, à pied, sur un parcours de 14 km, permet de les découvrir d’en haut.

Monthermé 

Ici, on peut varier les plaisirs : si les mollets en demandent encore, un petit tour en Rosalie sera très convivial, mais une montée vers l’un des points de vue –Roche à 7 heures ou Longue-Roche- sur la célèbre ‘Boucle de Meuse’ sera plus spectaculaire. Pour un moment plus reposant, une balade en bateau s’impose. Durant 1h30, les beautés du Parc régional naturel et les traditions manufacturières se racontent. Nous sommes ici au confluent de la Meuse et de la Semoy.

Bogny-sur-Meuse 

         

Les 4 fils Aymon et le cheval Bayard sont bien présents dans la vallée de la Meuse : à côté du pont des Ardennes à Namur, évoqués par le Rocher Bayard à Dinant, et ici, à Bogny-sur-Meuse, où une statue monumentale leur est dédiée. Il faut la mériter aussi… Eh, oui, la Meuse est ainsi engoncée dans la vallée, que dès qu’on la quitte, on monte… Mais l’effort est récompensé : après avoir traversé quelques rues du village, on monte vers un site très bien aménagé qui permet de pique-niquer et où l’histoire des 4 fils Aymon est racontée à travers des panneaux qui jalonnent la montée vers le point de vue où trône cette statue monumentale. Elle a bien failli être installée à Charleville ou à Monthermé, à Paris ou à Lyon. Mais la persévérance de quelques passionnés et l’appel –très précurseur- à une récolte de fonds ont permis d’inaugurer le monument le 2 juillet 1950. Il symbolise le courage, la vaillance, la persévérance, le refus de l’arbitraire… Une belle légende à découvrir prochainement dans nos colonnes…

Charleville-Mézières 

c d-truillard

Impossible d’arriver à Charleville-Mézières sans s’arrêter sur la magnifique place Ducale. Véritable joyau architectural  du XVIIe siècle inspiré de la place des Vosges, à Paris. Au fil des ans, elle a su garder son harmonie, malgré les nombreuses boutiques, restos et snacks qui s’y sont lovés.

On ne peut ignorer le lien de la cité avec Arthur Rimbaud qui y a vécu les 20 premières années de sa vie. Le musée Rimbaud (dans le Vieux Moulin) et la Maison des Ailleurs (sa maison natale) en témoignent. Au départ de la gare, un parcours suit les traces de ‘l’homme aux semelles de vent’, passant par le cimetière où il repose et menant à la Maison des Ailleurs.

Valent le détour également, la basilique N-D d’Espérance aux splendides vitraux contemporains (où a eu lieu le mariage de Charles IX) et les vestiges des remparts de Mézières. Etrangement imbriqués dans les constructions plus ou moins récentes, ils se dévoilent au détour d’un immeuble, en bord de Meuse ou s’imposent davantage en souvenir du vaillant chevalier Bayard qui les défendit contre les armées de Charles Quint en 1521. L’idéal est de les découvrir dans le cadre de la Promenade des remparts.

Pour le retour, alluMeuse 19, été 2020

Infos RAVeL et Voies vertes