Patrimoine

Waulsort : la Villa 1900, havre de convivialité

Elle se dissimule au milieu de la végétation, le long d’un petit chemin, à quelques enjambées de la rive gauche de la Meuse. À Waulsort, la Villa 1900 est un lieu étonnant, hors du temps.

 

C’est une sorte de musée (très) vivant, qui s’efforce de valoriser l’histoire et le patrimoine local tout en se positionnant comme un lieu de convivialité abritant un restaurant, une brasserie et salon de thé, un magasin de produits locaux, un lieu d’accueil pour les formations, ateliers et autres séminaires, et encore une boutique de souvenirs et d’artisanat local. Pour être (presque) complet, on peut aussi y louer des vélos à assistance électrique et profiter d’une bibliothèque accessible à tous. Derrière tout cela, il y a une structure juridique en forme de coopérative à finalité sociale où l’on s’efforce de mettre en pratique ces nouvelles façons de vivre centrées sur le durable, l’équitable, ou encore la transition écologique et sociétale.
Comme son nom l’unique, la bâtisse, datant de 1902, est un témoin typique de la Belle Époque en bord de Meuse, lorsque Waulsort rayonnait comme pôle d’attraction touristique de la vallée, avec ses clients fortunés qui prenaient résidence dans les grands hôtels des bords de Meuse pour y passer l’été.
L’architecture du lieu est caractéristique de ces fameuses villas mosanes, à la croisée du style mosan, de l’Art nouveau et de l’Art Déco. Les éléments d’origine, qui dénotent un standing particulièrement élevé pour l’époque, ont été heureusement préservés : le carrelage du couloir, le linoléum de la brasserie, les cimaises, les rosaces du plafond, les fenêtres à croisillons, les radiateurs en fonte ornés de bas-reliefs (et même d’un chauffe-assiettes), le monte-charge, l’escalier monumental, les hautes portes vitrées à volutes Art nouveau… Sans oublier la terrasse couverte aux boiseries blanches de style néocolonial, cher à cette époque.
Tout cela témoigne d’un temps où le moindre détail était conçu pour être à la fois solide et beau.

Une équipe de choc anime l’endroit. Diane, la responsable de la gestion, est aussi la patronne de la cuisine où elle s’efforce de mettre en valeur les produits naturels du terroir. Olivier se concentre principalement sur la partie patrimoine et vous reçoit en redingote d’époque.
Adelin est à la fois l’homme à tout faire, le directeur artistique et aussi un brillant pianiste-compositeur qui propose de temps à autre de courtes envolées musicales sur le grand piano à queue trônant dans le salon de musique. On citera encore Martine et Margriet, les deux…
poules qui s’activent surtout à pondre des oeufs, à réduire le volume des déchets de la cuisine et faire la chasse aux limaces dans le jardin.

Jean-Marie ANTOINE