Histoire

Temps de guerre en Haute Meuse

La ville et fort de Bouvaine, gravure de CHASTILLON (XVIe siècle).

Le règne de Charles Quint est, comme on sait, marqué par sa rivalité avec le roi François Ier. La bataille de Marignan, le 13 septembre 1515, n’est que le prologue d’une suite de guerres qui ne seront pas, hélas, sans conséquence pour la vallée de la Meuse. Le répit au traité de Madrid, après la victoire de Charles Quint à Pavie, est de courte durée, car Fumay est agressée et pillée en 1528. La volonté française de s’étendre au nord est de plus en plus claire, et l’on envisage de fortifier le sud du comté de Namur, voie d’invasion naturelle par la Meuse et l’Oise. En 1546, la gouvernante Marie de Hongrie en personne parcourt le pays avec des experts. Pour construire une nouvelle place forte, elle choisit le hameau de Vérofle, près du confluent de l’Eau Blanche et de la Brouffe : ce sera Mariembourg. Cette terre, liégeoise, fait l’objet d’un échange avec celle de Herstal, qui appartient à Charles Quint. Les plans sont établis par l’architecte Du Broeucq et deux de ses confrères italiens, sur un plan carré de 300 mètres sur 270. En très peu de temps, une nouvelle ville de 23 hectares sort de terre, fortifiée dans les nouvelles règles de l’art avec quatre bastions et une douve remplie d’eau. Faute d’une garnison suffisante, elle sera prise en quelques jours à la première attaque d’Henri II en 1554, et rebaptisée Henribourg…

La guerre est en effet poursuivie par Henri II, qui succède à François Ier en 1547. Une armée est envoyée contre lui en 1552 ; plusieurs villes sont prises ou reprises, mais le comte de Mansfeld, depuis sept ans gouverneur de Namur et de Luxembourg, est fait prisonnier à Yvoy : il restera cinq ans à Vincennes. Au cours de cette campagne, le château de Charles de Berlaymont, à Beauraing, est incendié. L’homme est bien en cour et s’est montré un capitaine courageux : l’empereur lui donne une pension de 800 livres en compensation de cette perte.

Au début de l’été 1554, Henri II s’attaque de nouveau aux Pays-Bas, avec une volonté clairement destructrice. Le sud du comté va connaître des jours cruels. À Namur, on voit s’approcher le danger (….)

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