
Merhyl Levisse est un artiste engagé. Depuis 2011, son association, Balak, crée des expositions à Charleville-Mézières une ou deux fois par an, toujours dans des endroits qui ne sont pas dédiés à l’art par nature : appartement, gymnase, bibliothèque et même les célèbres toilettes publiques près de la place Ducale dans la cadre de la Nuit blanche. « Chaque fois, on repart d’une page blanche, explique-t-il. Nouvelle scénographie, nouveaux artistes… Uniquement des personnalités que j’apprécie ou dont le travail le touche. Le leitmotiv : la qualité. En fonction du lieu, on repense nos œuvres, voire on crée in situ.” Merhyl aime mélanger les styles et les disciplines, mais il faut que les œuvres se répondent. Que le travail soit pointu, professionnel. « Je veux déconstruire les clichés, aller vers le public. Les gens ne vont pas facilement au musée ni voir les expos. On constate que la gratuité des musées une fois par mois n’y amène pas ceux qui ne les fréquentent pas. Ça permet juste à ceux qui en ont l’habitude de revenir une fois de plus. Par contre, nous essayons de réconcilier ce public avec l’art en composant des expos esthétiques, et les habituer à avoir une offre culturelle qui leur est dédiée.” La prochaine exposition de Balak s’organise déjà, en collaboration avec le Campus Sup Ardennes, elle sera dédiée aux artistes de la communauté LGBT. Cycle de conférences, rencontres publiques, lieux de parole et délocalisations dans les musées sont en réflexion. Objectif : casser les clichés.
Le grand atelier métamorphosé
Pour la 12e exposition de Balak, Merhyl Levisse frappe fort. Partenaire de FLaP et du Cabaret vert dans le cadre de l’événement Face B, il a investi, avec 5 autres artistes, le grand atelier de La Macérienne. Réponse enthousiaste du public : sur les quatre premiers jours, 7000 personnes avaient déjà vu l’expo. Un tiers des festivaliers du week-end Still alive sont passés par le grand atelier.
1500 m2 habités par 7 œuvres et 7 vidéos : juste waouw !
Le lieu est important pour le patrimoine carolomacérien et l’histoire industrielle de toute la France. Bâtiment industriel abandonné depuis 1984, il a été laissé dans son jus, excepté quelques aménagements pour la sécurité. Merhyl espère bien pouvoir revenir avec d’autres expositions une fois le lieu réellement réinvesti.
Un dialogue œuvres-lieu magique

Un artiste qui sera présent à l’Exposition universelle de Dubaï. Ou comment jeter des ponts entre Dubaï et Charleville…

Les trois autres sculptures de Julie sont suspendues dans le vaste espace de cet ancien atelier où les ouvriers travaillaient à la chaîne. Ces « humanimaux » expriment tantôt l’harmonie, tantôt le conflit entre l’Homme et la Nature. Un univers en noir et blanc qui prend des reflets mordorés dans ses dialogues avec l’eau dorée.

L’œuvre de Jérémie Nicolas aussi résonne avec l’élément musical du lieu. Mais elle pourrait bien passer inaperçu si on ne tend pas l’oreille. Il s’agit d’une porte en acier qui raconte les silences de la Macérienne. Jérémie Nicolas a passé deux semaines sur le site avant l’installation du festival et en a capté les bruits et les silences. Il a créé des partitions qui envoient des vibrations sur la porte, imperceptibles. Toutes les 45 minutes, une des cinq partitions se met en route et tout le bâtiment résonne d’un son très industriel, proche de la musique électronique. Evocation du geste de l’ouvrier, lien entre l’hier et l’aujourd’hui.



A voir sur le site de La Macérienne jusqu’au 26 septembre.



Le grand atelier métamorphosé


